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Comment trouver ses premiers clients quand on lance son activité

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Comment trouver ses premiers clients quand on lance son activité

Pour trouver ses premiers clients, ciblez votre clientèle, choisissez deux ou trois canaux adaptés à votre budget et respectez les règles du courriel et du téléphone avant tout envoi. Le réseau, la recommandation et LinkedIn complètent ensuite la méthode sans budget publicitaire.

Mis à jour le

07.11.2026

Loïc Vannerot
Loïc Vannerot

Rédacteur

À retenir

  • Cibler avant de prospecter
  • Respecter le consentement pour le courriel et le téléphone
  • Combiner réseau, LinkedIn et recommandation
  • Fidéliser les tout premiers clients
  • Documenter chaque consentement obtenu

Trouver ses premiers clients quand on démarre une activité repose sur trois actions à mener dans l'ordre : définir précisément à qui l'on s'adresse, choisir deux ou trois canaux de prospection adaptés à un budget serré, puis respecter les règles qui encadrent le courriel et le téléphone commercial avant d'envoyer le premier message. Les créateurs qui perdent du temps essaient souvent tous les canaux à la fois sans cible claire, ou démarchent sans vérifier qu'ils ont le droit de le faire. La vue d'ensemble du démarrage commercial se trouve dans notre dossier pour lancer son activité.

Cet article détaille les méthodes qui fonctionnent pour un créateur seul ou une très petite équipe, l'ordre dans lequel les mettre en place, la règle exacte à connaître pour le courriel, le téléphone et les données collectées, et les erreurs qui peuvent coûter cher.

Avant de prospecter : définir sa cible et sa proposition de valeur

Avant d'ouvrir un fichier de prospects ou de rédiger un message, la question à trancher est simple : qui a besoin de ce que vous vendez, et pourquoi vous plutôt qu'un autre. Sans réponse à cette question, chaque canal de prospection devient un coup au hasard, et le temps passé à démarcher des personnes qui ne sont pas concernées par l'offre finit par coûter plus cher que ce qu'il rapporte.

Qui est votre client idéal ?

Le persona n'a pas besoin d'être une fiche sophistiquée. Pour un créateur seul, trois ou quatre lignes suffisent : qui achète (particulier ou professionnel, âge, secteur, taille d'entreprise), quel problème concret cette personne essaie de résoudre, où elle se trouve (quartier, zone de chalandise, secteur d'activité) et comment elle cherche aujourd'hui une solution équivalente à la vôtre. Cette description sert ensuite à choisir les canaux : un artisan qui travaille avec des particuliers d'un quartier n'a pas la même stratégie qu'un prestataire qui vend à des professions libérales.

Formuler une proposition de valeur claire

La proposition de valeur répond à la question que se pose tout prospect en quelques secondes : qu'est-ce que je gagne en vous choisissant. Elle se résume en une ou deux phrases, sans jargon, centrées sur le résultat pour le client plutôt que sur la liste des prestations. C'est cette phrase qui sert de base à tous les messages de prospection, qu'ils passent par courriel, par téléphone ou par un échange en salon.

Comment trouver des clients par courriel sans risquer une plainte

Le courriel reste l'un des canaux les moins coûteux pour démarrer, mais il est encadré par la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL), qui distingue la prospection vers des particuliers (B to C) et celle vers des professionnels (B to B).

La règle pour les particuliers (B to C)

La CNIL pose un principe clair : le consentement doit être libre, spécifique, éclairé et univoque, obtenu par une action positive de la personne, par exemple une case à cocher dédiée et non pré-cochée. L'acceptation de conditions générales d'utilisation ne suffit pas à constituer ce consentement. Deux exceptions existent : la personne est déjà cliente pour des produits ou services analogues fournis par la même entreprise (la simple création d'un compte en ligne, sans achat, ne suffit pas à ouvrir cette exception), ou la prospection n'est pas de nature commerciale. Dans ces deux cas, la personne doit être informée de l'usage de ses données et pouvoir s'opposer simplement et gratuitement, à la collecte et à chaque envoi.

La règle pour les professionnels (B to B)

Pour démarcher des professionnels par courriel, l'entreprise peut s'appuyer sur son intérêt légitime, à condition d'informer la personne au moment de la collecte de son adresse et de lui proposer un moyen simple et gratuit de s'opposer, dès la collecte et à chaque envoi. Les adresses génériques du type contact@, info@ ou commande@ sont considérées comme des coordonnées de personnes morales et ne sont pas soumises à ces mêmes principes. Dans tous les cas, chaque message doit indiquer clairement l'identité de l'expéditeur et proposer un lien de désinscription. Ces règles concernent aussi bien le courrier électronique que le SMS, le MMS ou l'automate d'appel.

Peut-on encore démarcher par téléphone pour trouver des clients ?

Le téléphone a longtemps été un canal de prospection direct et peu coûteux pour un créateur seul. La règle a changé en profondeur en 2026, et il faut la connaître avant de décrocher le combiné.

Le consentement, nouvelle base du démarchage

Depuis le 11 août 2026, le démarchage téléphonique des consommateurs est interdit dans tous les secteurs, sauf consentement préalable clair du consommateur ou appel portant sur un contrat déjà en cours. Ce changement vient d'une loi du 30 juin 2025 contre les fraudes aux aides publiques, qui inverse la logique précédente : ce n'est plus l'inscription sur une liste qui protège le consommateur, c'est l'absence de consentement qui interdit l'appel. Le consentement vaut un an maximum, ne peut pas être reconduit tacitement, et doit être vérifiable et documenté. La preuve du consentement doit être conservée trois ans minimum et fournie au consommateur qui la demande.

Ce qui a changé par rapport à l'ancienne logique Bloctel

Avant cette réforme, un consommateur devait s'inscrire sur la liste d'opposition Bloctel pour ne plus être démarché : c'est ce service, aujourd'hui remplacé par l'exigence de consentement préalable, qui a longtemps servi de référence en matière de démarchage téléphonique. Depuis le 11 août 2026, la logique est inversée : les appels non sollicités sont interdits par défaut, et c'est le consentement qui ouvre le droit d'appeler, pas l'inscription ou l'absence d'inscription sur une liste. Pour un créateur qui pensait démarcher des particuliers au téléphone pour vendre ses premiers services, cela change entièrement la méthode : il faut d'abord obtenir un accord explicite, par un autre canal (formulaire, rendez-vous pris en magasin, salon), avant de pouvoir rappeler. Les sanctions pour démarchage illicite peuvent atteindre 75 000 euros pour une personne physique et 375 000 euros pour une personne morale, avec une possibilité de publication de la sanction par la DGCCRF.

Canal de prospectionRègle à connaîtreAction avant le premier contact
Courriel vers des particuliersConsentement préalable obligatoire (CNIL)Case à cocher dédiée, non pré-cochée
Courriel vers des professionnelsIntérêt légitime et droit d'opposition (CNIL)Informer dès la collecte, proposer un lien de désinscription
Téléphone vers des particuliersInterdit sauf consentement préalable depuis le 11 août 2026 (DGCCRF)Recueillir, documenter et conserver le consentement 3 ans
Cookies de mesure ou publicitaires du site vitrineConsentement préalable sauf exemption précise (CNIL)Bandeau de consentement et lien de gestion visible sur toutes les pages

Trouver des clients pour son entreprise sur LinkedIn et par le réseau

En dehors du courriel et du téléphone, deux canaux ne demandent aucun budget publicitaire et restent accessibles à un créateur seul : la mise en visibilité sur les réseaux professionnels et le réseau physique.

LinkedIn : la visibilité avant la prospection directe

LinkedIn fonctionne mieux comme outil de notoriété et de mise en relation que comme machine à messages froids envoyés en masse. Publier régulièrement sur les problèmes concrets que résout l'activité, commenter les publications de personnes qui correspondent au persona défini plus haut, et rejoindre des groupes professionnels du secteur permettent de se faire repérer avant même d'envoyer un message privé. Quand un message direct est envoyé, il gagne à être personnalisé plutôt que copié-collé : un message générique envoyé à des centaines de profils ressemble davantage à du courrier indésirable qu'à une mise en relation, et abîme la réputation du compte avant même d'avoir généré un client.

Réseau physique, salons professionnels et street marketing

Le réseau personnel (ancien employeur, fournisseurs, clubs d'entrepreneurs locaux, chambres consulaires, associations de quartier) reste l'un des canaux les plus efficaces au démarrage, car il s'appuie sur une confiance déjà installée. Les salons professionnels et les marchés locaux permettent de rencontrer des prospects en face à face, de tester un discours commercial et d'ajuster l'offre en direct selon les retours. Le street marketing (flyers, présence ponctuelle sur un marché, affichage temporaire) demande peu de budget mais doit viser une zone de chalandise cohérente avec le persona, sous peine de disperser l'énergie sur des personnes qui ne sont jamais acheteuses.

Comment avoir des clients grâce à la recommandation et au parrainage

Un client satisfait est le meilleur commercial d'un créateur qui démarre, à condition de lui demander explicitement une recommandation plutôt que d'attendre qu'elle vienne spontanément. Demander un avis en ligne, une mise en relation avec une connaissance qui pourrait être intéressée, ou simplement l'autorisation de citer le nom du client comme référence auprès d'un prospect, sont des demandes simples qui ne coûtent rien et qui rapportent souvent plus qu'une campagne de prospection à froid. Un programme de parrainage structuré (avantage pour le client qui recommande, avantage pour le nouveau client) peut venir formaliser cette dynamique une fois que les premiers clients existent, mais il n'a pas besoin d'être complexe : un geste commercial simple et transparent suffit au début.

La recommandation fonctionne particulièrement bien pour les activités locales ou de service, où la confiance pèse davantage que le prix affiché. Elle demande en revanche d'avoir déjà quelques clients satisfaits : c'est un canal qui prend de l'ampleur avec le temps, pas un point de départ unique pour un créateur qui n'a encore vendu à personne.

Comment obtenir des clients durables : fidéliser ses premiers acheteurs

Trouver un premier client coûte presque toujours plus d'efforts que de le garder. Fidéliser les premiers acheteurs, c'est d'abord tenir ce qui a été promis au moment de la vente, puis maintenir un contact régulier et utile, sans retomber dans une prospection qui n'aurait pas respecté les règles de consentement vues plus haut. Un suivi après-vente simple (message de remerciement, question sur la satisfaction, proposition d'un service complémentaire au moment opportun) transforme souvent un premier achat ponctuel en relation durable.

Pour les clients déjà existants, la CNIL prévoit une marge de manœuvre plus large pour la prospection par courriel : un client qui a déjà acheté un produit ou un service analogue peut être recontacté pour des offres similaires sans nouveau consentement explicite, à condition d'avoir été informé de cette possibilité et de pouvoir s'y opposer facilement à tout moment. Cette tolérance ne s'applique pas à un simple compte créé sans achat : il faut une vente ou une prestation réellement effectuée pour en bénéficier.

Les erreurs qui coûtent cher quand on cherche ses premiers clients

Certaines erreurs reviennent régulièrement chez les créateurs qui démarrent, et elles peuvent coûter plus cher qu'une campagne de prospection bien menée.

Acheter ou récupérer un fichier d'adresses électroniques sans savoir comment le consentement a été recueilli est une pratique risquée : en cas de plainte, c'est à l'entreprise qui envoie le message de prouver que ce consentement existe et qu'il a été obtenu dans les règles, pas à la personne qui s'est plainte de le contester. Démarcher par téléphone des particuliers sans avoir recueilli un consentement documenté expose désormais à des sanctions qui peuvent atteindre 75 000 euros pour une personne physique. Confondre un client (qui a déjà acheté) et un prospect qui a seulement créé un compte en ligne est une autre confusion fréquente qui mène à des envois de prospection non autorisés.

Une dernière erreur, plus discrète, concerne le nom choisi pour se faire connaître : construire sa notoriété autour d'un nom de marque jamais vérifié ni déposé fait courir le risque de devoir tout renommer après avoir déjà investi en communication. Les démarches liées au nom et à son dépôt sont traitées en détail dans la rubrique nom, marque et identité visuelle ; à titre d'information, un dépôt électronique de marque auprès de l'INPI coûte 190 euros pour une classe de produits ou de services, avec 40 euros par classe supplémentaire sur les 45 classes existantes.

Les chiffres à retenir

Interdiction du démarchage téléphonique sans consentement
depuis le 11 août 2026
Durée maximale du consentement au démarchage téléphonique
1 an, non reconductible tacitement
Conservation de la preuve du consentement
3 ans minimum
Sanction maximale, personne physique
75 000 €
Sanction maximale, personne morale
375 000 €
Dépôt électronique d'une marque (une classe)
190 €

Ne confondez pas client et simple visiteur

Un internaute qui crée un compte sur votre site sans jamais rien acheter n'est pas un client au sens de l'exception CNIL : vous ne pouvez pas le prospecter par courriel sur cette seule base, il faut un consentement explicite et distinct. De la même manière, une case pré-cochée pour accepter la prospection est interdite : si votre formulaire d'inscription en contient une, corrigez-la avant d'envoyer le premier message, sous peine de plainte recevable par la CNIL.

Un site vitrine qui sert de vitrine à cette prospection doit lui-même respecter les règles sur les cookies : le dépôt de traceurs non strictement nécessaires exige le consentement préalable de l'internaute, retirable aussi simplement qu'il a été donné, avec un lien de gestion accessible depuis toutes les pages. Ces obligations, détaillées dans la rubrique site, réseaux et presse, s'appliquent dès qu'un module tiers (bouton de réseau social, lecteur vidéo, outil de prise de rendez-vous) est intégré au site, car ce module peut déposer ses propres cookies sans que l'entreprise en ait conscience.

Enfin, trouver des clients ne suffit pas si le prix pratiqué ne couvre pas les coûts réels de l'activité : la méthode de prospection décrite ici gagne à être articulée avec un travail sur le prix de vente et une éventuelle offre de lancement, abordés dans la rubrique prix, offre et étude de marché. Démarcher avec succès pour vendre à perte revient simplement à perdre de l'argent plus rapidement.

Questions fréquentes sur la recherche des premiers clients

Comment trouver ses premiers clients sans budget ?

Le réseau personnel, la recommandation, les publications régulières sur LinkedIn et la présence sur des salons ou marchés locaux ne demandent pas de budget publicitaire, seulement du temps et un message clair sur la proposition de valeur de l'activité.

Peut-on prospecter par courriel des particuliers sans leur accord ?

Non, sauf si la personne est déjà cliente pour des produits ou services analogues, ou si la prospection n'est pas commerciale. Dans ces deux cas, elle doit être informée et pouvoir s'opposer simplement et gratuitement à chaque envoi.

Le démarchage téléphonique est-il totalement interdit en 2026 ?

Il est interdit sauf consentement préalable clair du consommateur, ou s'il s'agit d'un contrat déjà en cours. Cette règle s'applique depuis le 11 août 2026 dans tous les secteurs ; l'ancienne liste d'opposition Bloctel, qui servait de référence avant cette réforme, n'a plus lieu d'être avec cette inversion du principe.

Combien de canaux de prospection faut-il utiliser au départ ?

Deux ou trois canaux bien ciblés et correctement suivis valent mieux que cinq canaux lancés en même temps sans suivi. Le choix dépend du persona défini en amont, pas d'une liste générique de bonnes pratiques.

La recommandation suffit-elle pour lancer une activité ?

Elle suppose déjà des premiers clients satisfaits : elle complète la prospection active au démarrage, mais ne remplace pas les premières actions de ciblage, de réseau ou de courriel conforme qui permettent d'obtenir ces tout premiers clients.

Comment savoir si une adresse email est une coordonnée de personne morale ?

Les adresses génériques comme contact@, info@ ou commande@ sont considérées comme des coordonnées de personnes morales et ne sont pas soumises aux mêmes règles de consentement que les adresses nominatives d'un particulier.

Loïc Vannerot
Loïc Vannerot

Rédacteur

Passé par la vente terrain puis par la communication d'une petite agence de services, il écrit des guides pratiques sur la prospection, la marque et le lancement commercial des jeunes entreprises.

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