Se faire connaître sur internet quand on démarre une activité ne demande pas d'être présent partout en même temps. Quatre actions suffisent, dans un ordre précis : mettre en ligne un site simple mais complet avec ses mentions légales, créer et compléter une fiche d'établissement pour apparaître dans les recherches locales, choisir un ou deux réseaux sociaux adaptés à sa clientèle plutôt que cinq comptes abandonnés au bout d'un mois, et construire progressivement une relation avec la presse locale. Chacune de ces actions obéit à des règles précises, notamment sur les cookies et la prospection, qui protègent autant le créateur que ses futurs clients. La vue d'ensemble du démarrage commercial se trouve dans notre dossier pour lancer son activité.

Les quatre actions qui rendent une entreprise visible

La visibilité d'une jeune entreprise ne se construit pas en multipliant les outils, mais en les hiérarchisant. Un site vitrine donne une adresse stable où renvoyer toute communication, qu'elle vienne d'une carte de visite, d'un réseau social ou d'un article de presse. Une fiche d'établissement correctement renseignée permet d'apparaître quand un client potentiel recherche un professionnel près de chez lui. Un ou deux réseaux sociaux, choisis selon la clientèle visée et non selon la mode, entretiennent le lien entre deux achats. La presse locale, enfin, apporte une crédibilité que la publicité ne donne pas, à condition de proposer un angle qui intéresse réellement un journaliste.

L'erreur la plus fréquente consiste à inverser cet ordre : ouvrir cinq comptes de réseaux sociaux avant d'avoir un site qui explique clairement l'offre, ou solliciter la presse avant d'avoir une fiche d'établissement à jour vers laquelle renvoyer les lecteurs de l'article. Chaque outil gagne en efficacité lorsqu'il s'appuie sur les précédents déjà en place.

Un site vitrine ou une simple page : ce qui est indispensable

Un site internet n'a pas besoin d'être complexe pour être utile. Pour une activité qui démarre, quelques pages suffisent largement : une page d'accueil qui explique en quelques lignes ce que propose l'entreprise et pour qui, une page de présentation de l'offre ou des prestations, une page de contact avec les coordonnées et, si l'activité le justifie, une zone d'intervention, et la page des mentions légales qui est obligatoire dès qu'un site est édité dans un cadre professionnel. Une galerie de photos ou quelques avis de clients peuvent compléter cette base, mais ne la remplacent pas.

Le budget d'un site vitrine dépend de plusieurs choix qui font varier fortement le résultat final : rédiger soi-même les textes ou faire appel à un rédacteur, choisir un outil de création en ligne ou un développement sur mesure, opter pour un nom de domaine et un hébergement simples ou pour des options plus avancées. Il n'existe pas de montant universel à annoncer : le poste le plus coûteux est presque toujours le temps passé à rédiger un contenu clair et à jour, plus que l'hébergement technique lui-même. La bonne question à se poser avant de chiffrer un site n'est donc pas « combien coûte un site » mais « combien de pages et quel contenu sont réellement nécessaires pour répondre aux questions d'un client qui découvre l'entreprise ».

Le tableau suivant récapitule le contenu minimal d'un site vitrine pour une activité qui démarre, et la raison pour laquelle chaque élément est utile.

Élément du sitePourquoi il est indispensable
Page d'accueilDonne en quelques secondes la réponse aux questions : qui, quoi, pour qui
Présentation de l'offreDétaille les prestations ou les produits pour éviter les appels inutiles
Page de contactCentralise les coordonnées, horaires et zone d'intervention éventuelle
Mentions légalesObligatoires dès qu'un site est édité à titre professionnel
Gestion des cookiesPermet d'informer et de recueillir le consentement quand il est requis

Mentions légales et cookies : ce que la loi impose avant de publier

Dès qu'un site internet est édité dans un cadre professionnel, il doit comporter des mentions légales permettant d'identifier l'entreprise qui l'exploite. La liste précise de ces mentions et les sanctions associées dépendent de textes qui doivent être vérifiés au moment de la mise en ligne, car ils peuvent évoluer. Avant de publier un site, il est donc recommandé de consulter une page officielle à jour plutôt que de reprendre les mentions légales d'un site concurrent, qui peuvent elles-mêmes être incomplètes.

La question des cookies et autres traceurs est, elle, bien documentée par la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL). Un cookie est un petit fichier enregistré sur l'ordinateur, le smartphone ou la tablette d'un visiteur lors de la consultation d'un site. Le dépôt de traceurs qui ne sont pas strictement nécessaires au fonctionnement du site exige le consentement préalable de l'internaute, en application de l'article 82 de la loi Informatique et Libertés, qui transpose l'article 5(3) de la directive européenne vie privée et communications électroniques. Ce consentement doit répondre à la même définition que celle du règlement général sur la protection des données : il doit être libre, spécifique, éclairé et univoque, et l'internaute doit pouvoir le retirer à tout moment avec la même simplicité qu'il l'a donné.

Service-public distingue trois grandes familles de cookies : les cookies techniques ou nécessaires, qui permettent au site de fonctionner correctement (panier, connexion à un compte, choix de langue) ; les cookies de mesure d'audience, qui comptent les visiteurs et les pages consultées ; et les cookies publicitaires ou de tiers, utilisés pour personnaliser des publicités. Un module intégré au site, comme un lecteur vidéo, un bouton de partage vers un réseau social ou un outil de prise de rendez-vous, peut lui aussi déposer ses propres cookies : l'entreprise doit donc recenser l'ensemble des traceurs présents sur son site, y compris ceux apportés par des services tiers qu'elle n'a pas développés elle-même.

Concrètement, un site qui dépose des cookies non nécessaires doit afficher un bandeau de consentement avant tout dépôt, proposant au minimum d'accepter, de refuser et de paramétrer ses choix, et un lien accessible depuis toutes les pages du site pour modifier ou retirer ce consentement à tout moment, par exemple un lien « gérer mes cookies » en pied de page. La CNIL a adopté le 17 septembre 2020 des lignes directrices complétées par une recommandation donnant des exemples pratiques de recueil du consentement : un créateur qui doute de la conformité de son bandeau peut s'appuyer directement sur ces textes plutôt que sur l'interface d'un outil de création de site, qui n'est pas toujours à jour.

Fiche d'établissement et référencement local

Pour une activité qui reçoit du public ou intervient dans une zone géographique définie, la fiche d'établissement est souvent plus consultée que le site lui-même au moment où un client cherche un professionnel disponible près de chez lui. Elle rassemble le nom de l'entreprise, son adresse, ses horaires, son numéro de téléphone, sa catégorie d'activité, des photos et les avis laissés par les clients. Son intérêt est de répondre directement, dans les résultats de recherche, aux questions pratiques qu'un client se pose avant de contacter un professionnel : est-il ouvert maintenant, à quelle distance se trouve-t-il, que disent les autres clients.

Tenir cette fiche à jour demande peu de temps mais une certaine régularité : vérifier que les horaires affichés correspondent à la réalité, en particulier lors des jours fériés ou des fermetures exceptionnelles, répondre aux avis laissés par les clients, qu'ils soient favorables ou non, et ajouter de temps en temps une photo récente de l'activité, d'un produit ou d'une réalisation. Une fiche abandonnée depuis plusieurs mois, avec des horaires erronés ou aucune réponse aux avis, donne une impression de négligence qui dissuade autant qu'un site mal tenu.

Le référencement local ne se limite pas à la fiche d'établissement : il dépend aussi de la cohérence des informations entre le site, la fiche et les éventuels annuaires professionnels. Une adresse ou un numéro de téléphone différent d'un support à l'autre nuit à la lisibilité de l'entreprise pour les clients comme pour les outils de recherche.

Choisir un ou deux réseaux sociaux, pas cinq

Ouvrir un compte sur chaque réseau social existant n'apporte rien si aucun n'est alimenté régulièrement. Le choix doit partir d'une question simple : sur quel réseau la clientèle visée passe-t-elle du temps, et pour y trouver quoi. Un professionnel qui s'adresse à d'autres entreprises trouvera plus de pertinence sur un réseau professionnel, tandis qu'une activité tournée vers le grand public, en particulier visuelle ou locale, gagnera davantage à être présente sur un réseau à dominante image ou vidéo. Un réseau social de plus n'est utile que si le temps nécessaire pour l'alimenter est effectivement disponible chaque semaine.

Le tableau suivant propose des repères qualitatifs pour choisir, sans statistique de performance qui varierait d'une activité à l'autre.

RéseauPublic plutôt concernéFormat adaptéTemps à y consacrer
LinkedInClients professionnels, partenaires, recrutementPublications courtes, retours d'expérience, actualités de l'activitéQuelques publications par semaine suffisent si le contenu est pertinent
InstagramGrand public, activités visuelles (commerce, artisanat, services à la personne)Photos, courtes vidéos, coulisses de l'activitéUne présence régulière, même modeste, vaut mieux qu'une publication intense puis un arrêt
FacebookClientèle locale, toutes générationsAnnonces pratiques, horaires, événements, avis clientsUtile surtout pour relayer les informations pratiques déjà présentes sur la fiche d'établissement

Une fois le ou les réseaux choisis, la régularité compte davantage que la fréquence : une publication hebdomadaire tenue dans la durée construit plus de visibilité qu'une série de publications quotidiennes abandonnée après deux semaines. Il est également utile de relier systématiquement les publications au site internet et à la fiche d'établissement, pour que chaque canal renvoie vers les autres plutôt que de fonctionner isolément.

Construire une relation avec la presse locale

La presse locale, qu'elle soit écrite, radiophonique ou présente en ligne, reste un relais utile pour une jeune entreprise, à condition de proposer un sujet qui intéresse ses lecteurs ou ses auditeurs, pas seulement l'entreprise elle-même. Un journaliste reçoit de nombreuses sollicitations : celles qui aboutissent racontent un fait précis (une ouverture, un savoir-faire particulier, une initiative locale) plutôt qu'une présentation générale de l'activité.

Un communiqué de presse efficace répond en quelques lignes aux questions que se pose un journaliste : quoi, qui, où, quand, pourquoi cela concerne ses lecteurs. Il gagne à rester court, à inclure une ou deux phrases citables, des coordonnées de contact directes et, si possible, une photo de qualité suffisante pour être publiée. L'angle choisi compte davantage que la longueur du texte : une ouverture présentée comme un simple fait divers intéresse rarement, alors que le même événement relié à une évolution du quartier, à un savoir-faire rare ou à une initiative locale a plus de chances d'être repris.

Le calendrier joue également un rôle : un communiqué envoyé en lien avec un événement local (foire, marché de saison, manifestation de quartier) ou une actualité qui concerne le secteur d'activité a plus de chances d'être lu qu'un envoi isolé sans contexte. Il est également utile de relancer poliment un journaliste qui n'a pas répondu après quelques jours, sans insister au-delà d'une ou deux relances, et de garder une trace des contacts établis pour les sollicitations suivantes.

Influence et placement de produit : l'obligation de transparence

Faire appel à un créateur de contenu ou à une personne influente pour présenter un produit ou un service, ou simplement lui offrir un produit en échange d'une mention, engage une obligation de transparence envers le public : une collaboration commerciale, qu'elle soit rémunérée en argent ou en nature, doit être signalée clairement comme telle, et non présentée comme un avis spontané. Cette obligation s'applique aussi bien à l'entreprise qui sollicite la collaboration qu'à la personne qui la publie.

Les règles précises qui encadrent ces pratiques (mentions à faire figurer, modalités de signalement, sanctions) évoluent et méritent d'être vérifiées sur une source officielle avant toute collaboration, plutôt que reprises d'un usage observé chez un concurrent. Une jeune entreprise qui envisage ce type de partenariat gagne à demander, par écrit, comment la personne sollicitée compte signaler la collaboration, et à conserver cet échange.

Quelques repères à retenir

Consentement cookies
Retirable aussi simplement qu'il a été donné
Lignes directrices CNIL cookies
Adoptées le 17 septembre 2020
Familles de cookies
Techniques, mesure d'audience, publicitaires
Dépôt de marque (si un nom est protégé)
190 euros pour une classe, 40 euros par classe supplémentaire
Classification de Nice
45 classes de produits et services

Avant de publier quoi que ce soit

Un bandeau de cookies préconfiguré avec un bouton « tout accepter » plus visible que « tout refuser », ou un lien de gestion des cookies absent de certaines pages, expose l'entreprise à une plainte auprès de la CNIL. De la même façon, une collaboration avec un créateur de contenu non signalée comme commerciale, ou des mentions légales reprises d'un autre site sans vérification, se repèrent facilement et nuisent à la crédibilité construite par ailleurs. Mieux vaut vérifier chaque point sur une source officielle avant la mise en ligne que corriger après coup.

Les questions que se posent les créateurs d'entreprise

Faut-il absolument un site internet pour se faire connaître sur internet ?

Une simple page de présentation avec les coordonnées et les mentions légales suffit souvent au démarrage. L'essentiel est que cette page existe et soit à jour, pas qu'elle soit volumineuse.

Peut-on se contenter d'une fiche d'établissement sans site internet ?

Pour une activité très locale, la fiche d'établissement peut suffire dans un premier temps, à condition de renseigner des informations exactes et de les tenir à jour. Un site vient ensuite préciser l'offre quand l'activité se développe.

Comment savoir si un cookie nécessite le consentement du visiteur ?

Un traceur strictement nécessaire au fonctionnement du site ou à un service expressément demandé par le visiteur (panier, connexion) ne requiert pas de consentement préalable. Tout autre traceur, notamment de mesure d'audience ou publicitaire, en requiert un, au sens des articles 4(11) et 7 du règlement général sur la protection des données.

Combien de réseaux sociaux faut-il ouvrir au lancement ?

Un ou deux réseaux correctement alimentés sont plus utiles que cinq comptes ouverts puis abandonnés. Le choix dépend du réseau que fréquente la clientèle visée, pas du nombre d'options disponibles.

Comment intéresser un journaliste de la presse locale ?

Un communiqué court, avec un angle qui concerne les lecteurs plutôt que l'entreprise seule, des coordonnées directes et, si possible, une photo, a plus de chances d'être lu et repris qu'une présentation générale de l'activité.

Que faut-il faire avant de collaborer avec un créateur de contenu ?

Vérifier sur une source officielle à jour les modalités exactes de signalement d'une collaboration commerciale, et convenir par écrit, avant toute publication, de la façon dont la personne sollicitée indiquera que le produit ou le service a été fourni dans ce cadre.

Se faire connaître sur internet avec peu de moyens tient moins à la quantité d'outils ouverts qu'à la cohérence entre eux : un site à jour, une fiche d'établissement exacte, un ou deux réseaux tenus avec régularité et des relations de presse construites patiemment pèsent davantage, dans la durée, qu'une présence éparpillée sur tous les canaux à la fois. Les règles sur les cookies et sur la transparence des collaborations commerciales ne sont pas des formalités accessoires : elles conditionnent la confiance que les premiers clients accordent à une entreprise qu'ils découvrent souvent uniquement à travers un écran.

Pour vérifier les règles citées